Nadal a les bleus

- 10 mai 2012

Madrid Nadal découragé (2)Non, Rafael Nadal n’est pas en train de voguer sur les flots bleus de l’Atlantique, le visage caressé par le vent du large, près de son ile natale, Majorque.

Non.

Rafa ferme plutôt les yeux en guise de découragement, après avoir perdu un match de tennis face à son compatriote Fernando Verdasco et la toile de fond que vous voyez derrière, c’est celle de la terre battue bleue recouvrant les courts de Madrid où l’élite mondiale s’est donné rendez-vous… cette «tierra batida azul» qui a été honnie par le numéro deux mondial, avant même que ne commence l’événement.

Lors de cette rare défaite sur sa surface de prédilection, Nadal a vu son service brisé pas moins de sept fois. Ça ne lui ressemble pas.

Rafa le bougon

Madrid Bleu FedererMais c’était à prévoir. Il a tellement bougonné après avoir appris que l’organisation du tournoi avait opté pour ce changement drastique de surface, qu’il était dans des dispositions fort négatives au début de la compétition. Et pour des athlètes d’élite, des dispositions négatives, ce n’est jamais très bon.

À l’instar de ses deux confrères sur l’Olympe tennistique, Djokovic et Federer, l’Espagnol avait critiqué la direction de l’événement parce que les joueurs n’avaient pas été consultés avant ce changement (voir cet article de mon blogue, le 25 avril dernier).

En lisant ses commentaires, d’après-match, on peut même se demander s’il n’a pas perdu exprès, pour prouver son point. Bien sûr, je blague, mais le Majorquin boude et ça paraît. Voyez plutôt…

«J’ai essayé de préparer du mieux possible ce tournoi. Je n’ai pas été assez bon pour m’adapter à ce court. Si les choses continuent comme ça, ce sera triste… mais il y aura un tournoi de moins dans mon calendrier», a déclaré le no 2 mondial, après sa défaite. «Si vous mettez Cincinnati sur gazon avant l’US Open, est-ce que vous pensez que les gens seront très heureux? Alors, c’est une situation similaire ici.»

Madrid Balle et NadalComparaison douteuse

Là, Nadal est de mauvaise foi. Comparer un changement de couleur pour une surface totalement similaire, au fait de changer une surface dure pour du gazon, c’est ridicule. Les deux surfaces sont rapides, mais elles ne se comparent pas. Au lieu d’étendre à l’ensemble de l’industrie son mécontentement, il pourrait simplement avouer qu’il n’aime pas ça. Un point c’est tout. Et puis, tous les joueurs sont égaux dans cette adaptation. Personne n’est plus avantagé qu’un autre sur la poussière bleutée.

Rafael Nadal se sert de sa notoriété pour faire bouger les choses. C’est de bonne guerre. Mais à voir les images et les photographies du tournoi de Madrid, je dois me ranger du côté de son propriétaire, Ion Tiriac. C’est vrai qu’on perçoit mieux la balle.

Nadal est une des plus formidables machines de l’histoire du tennis. Mais il est obtus et cette attitude est indigne du grand ambassadeur qu’il est.

Madrid Nadal découragé (1)

Beau moment (pré-)olympique

- 8 mai 2012

AOC Tout donner arrivée autobusC’était un bien beau moment, en ce lundi matin frisquet du 7 mai, que des journalistes ont vécu lorsqu’un autobus rempli d’athlètes s’est pointé sur la terrasse du Champ de Mars, derrière l’historique Hôtel de ville de Montréal. Le Comité Olympique Canadien (COC) y avait convié les médias, à quelques 80 jours du début des Jeux de 2012.

Vers 08h15, avant que les premiers chauds rayons de soleil ne réussissent à se frayer un chemin derrière l’édifice, les portières de l’autobus se sont ouvertes pour laisser passer une belle brochette d’athlètes de sports aquatiques féminins qui nous représenteront à Londres, cet été.

C’est surtout lorsqu’on nous a informé de l’identité de la dame qui conduisait le véhicule en question, et du lien qu’elle avait avec l’une de ses passagères, que l’émotion a grimpé de quelques degrés.AOC Tout donner J

Madame Sylvie Denis est en fait la maman de la plongeuse Jennifer Abel, dont la silhouette ornait tout un côté de cet autobus aussi spectaculaire qu’inspirant.

Quelle fierté, pour le parent comme pour son enfant, de voir ainsi étalée au grand jour cet exemple parfait des sacrifices familiaux et de l’émulation que représentent le fait d’accompagner un enfant dans sa quête olympique.

Tous les parents n’auront pas la chance de voir médiatisés leur support et leurs actions, mais il suffit d’un exemple comme celui-là pour imaginer les autres. Et c’est suffisant.

«Tout donner!»

Ce moment touchant est survenu dans le cadre du dévoilement d’une campagne de marketing aussi intéressante qu’impressionnante (voir les détails ici).  Au nombre des dignitaires présents, outre le Maire de Montréal, Gérald Tremblay, l’adjointe au Chef de Mission, Sylvie Bernier, médaillée d’or des Jeux de Los Angeles en 1984, était là pour livrer un discours plein d’énergie aux athlètes et aux enfants sur place. Il fallait noter, aussi, sur l’autobus, le slogan de l’équipe de nage synchronisée: »9 perfectionnistes, 4 chorégrapies, 1 rêve ». Rien à ajouter.

Présentée au public du Québec le matin, puis au reste du Canada en après-midi, la campagne intitulée «Tout donner» est le fruit du travail de Derek Kent, un ancien de Nike.

Les photos et vidéos de la campagne sont disponibles sur le site du COC, ici.

AOC Tout donner autobus et athlètes

 AOC Tout donner Athlètes autographes (2)

AOC Tout donner Athlètes autographes

AOC Tout donner (Sylvie Bernier)

Crédit photos: DENIS LABINE, Ville de Montréal

(sauf celle de J. Abel et S. Denis: GEORGES FADEL (Comité olympique canadien)

Monsieur Basketball

- 3 mai 2012

Aficionados de basketball, vous avez déjà eu l’occasion d’entendre Pascal Jobin, l’analyste des matchs de la NBA, à TVA Sports. Si vous appréciez son travail et son expertise, dites-vous que le Jobin est aussi à l’aise en camisole et en short de basket qu’il ne l’est lorsqu’il arbore veston et cravate à l’antenne de la chaîne spécialisée.P

J’en avais déjà eu une première démonstration (voir plus bas dans le texte), mais la confirmation vient d’en être faite. L’ami Pascal a dépoussiéré ses espadrilles et enfilé l’uniforme de l’équipe de la Montérégie, ce mercredi 2 mai, dans le cadre d’un match officiel de la nouvelle ligue de basketball du Québec (LBQ), un circuit pour l’élite.

À lire l’article de Cédérick Caron, journaliste à l’Écho de la Rive-Nord (compte-rendu ici), il faut en déduire que mon impression n’était pas fausse. Le « vieux » a encore de l’essence dans le réservoir et il ne passe pas pour un touriste lorsque vient le temps de se frotter à des joueurs de haut niveau.

La LBQ (voir le site) vient de lancer ses activités il y a quelques semaines. Concentrée dans la région de Montréal ainsi que les couronnes Nord et Sud, elle compte s’étendre aux autres régions de la province, l’an prochain.

Belle initiative. Bonne nouvelle.

Pas le dernier venu

J’ai rencontré Pascal Jobin au début du mois de décembre, lorsque le conflit de travail de la NBA a été réglé et que TVA Sports annonçait la retransmission de quelques 70 matchs à son antenne.P

J’ai appris qu’il avait été suffisamment bon pour se tailler une place au niveau 1 du basketball universitaire américain (NCAA) et qu’il avait été l’entraîneur des deux équipes québécoises professionnelles, le Matrix de Montréal et les Kebs de Québec.

Non seulement ais-je constaté les connaissances infinies du bonhomme sur la NBA et la D-League, ses joueurs et ses règlements ainsi que sur le monde du basket en général, mais je me suis fait un nouvel ami.

Lors d’un de nos nombreux passages à Toronto, pour y décrire un match des Raptors, Pascal m’a fait l’honneur de participer à une rencontre amicale, dans le gymnase d’entraînement de l’équipe de la NBA, au Centre Air Canada. Je n’ai pas joué beaucoup, puisque j’étais loin d’avoir le niveau requis, mais j’ai pu apprécier le fait de me retrouver dans un lieu semblable, en présence de quelques Raptors venus faire un tour, quelques minutes, pour regarder des « gars de ligues de garage ». J’en ai d’ailleurs fait un entrefilet, dans ma chronique du magazine Dernière Heure, 19 avril dernier.

Pascal oeuvre à la Fédération de basketball du Québec. Il s’occupe de programmes concernant les entraîneurs et les compétitions de toutes sortes, entre autres. Il a joué et il a fait jouer. Il connaît tout le monde, tout le monde le connaît. Et hors des frontières du Québec et du Canada, je vous prie de me croire.

En résumé, au fil des mois, et à voir ce qu’il a fait, ce qu’il fait et ce qu’il fera, je constate que s’il y avait le surnom de « Monsieur Basketball » à attribuer à quelqu’un, j’opterais pour Pascal.

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Le début d’un temps nouveau

- 2 mai 2012

On peut, sans se tromper, avancer que seul un certain nombre de journalistes québécois connaissaient suffisamment Marc Bergevin pour l’évaluer. Une grande partie du Québec vient de le découvrir dans une conférence de presse diffusée en direct, mercredi après-midi.
Ouf!
Si on voulait trancher avec les dernières années de misère du CH…
C’est réussi!
Si on voulait trancher avec la gestion morne, autoritaire et napoléonienne de Pierre Gauthier…
C’est réussi!
Si on voulait retrouver l’impression d’avoir un homme de hockey en qui nous pouvions nous identifier…
C’est réussi!
Bergevin souriantSi les journalistes se demandaient s’il était encore possible d’avoir du plaisir et même de rire de bon cœur en compagnie du sacro-saint directeur-gérant du CH…
C’est réussi!
Si on se demandait si un DG des Canadiens pouvait encore parler avec émotion et tenir un langage qui le rapprocherait des médias et du noyau des amateurs…
C’est réussi!
J’ai déjà hâte de voir qui sera l’entraîneur choisi pour compléter ce triangle tricolore. On est loin du repêchage, du camp d’entraînement, du premier match et des prochaines séries. Mais j’ai déjà hâte.
Si on voulait marquer le début d’un temps nouveau…
C’est réussi!
Ouf!

Crime de lèse-surface

- 25 avril 2012

Le monde du tennis mondial est en pleine crise existencielle.

Les organisateurs du tournoi sur terre battue de Madrid, un des principaux rendez-vous de la «saison sur l’ocre» précédant le prestigieux Roland-Garros, a décidé d’innover en changeant la teinte de sa surface.

Et la sacro-sainte terre battue orange vient justement de céder sa place à une nouvelle terre battue …bleue!

Pista_de_tierra_batida_azul_2684

 

Il n’en fallait pas plus pour que les ténors du tennis mondial, Novak Djokovic et Rafael Nadal, respectivement numéros 1 et 2 mondiaux, se prononcent contre cette atteinte à la tradition.

C’est comme si Wimbledon acceptait les tenues colorées sur le dos des joueurs et des joueuses.Terre Battue

De toutes les couleurs

Partout, les passions se déchaînent sur internet dans les différents forums de discussions, comme celui de Nadal lui-même.

D’un côté, les purs et durs des courts de tennis oranges, tels Rafa, de l’autre, des gens comme Ion Tiriac, ancien tennisman maintenant propriétaire de l’événement de Madrid, ou encore Javier Sanchez-Vicario, le frère de l’ex-championne de la WTA.

Chez les joueurs, on se plaint du fait que ce changement altèrera les performances, et chez les autres, c’est une invitation au changement, à l’évolution du tennis.

Voici quelques extraits de réactions, cueillies sur le site tennistemple.com.

Ensuite, à vous de juger, lorsque vous en verrez des extraits télévisés, entre les 7 et 13 mai prochains.

Terre Battue MonacoRafael Nadal: « C’est une honte, un manque de respect par rapport à la tradition et l’histoire de cette surface. J’espère que je n’aurai pas à jouer un jour sur du gazon bleu. »

Roger Federer: « C’est une longue histoire mais je trouve ça triste d’avoir à jouer sur une surface que les joueurs n’acceptent pas. Je trouve ça triste que des joueurs comme Rafa, dans un tournoi de son propre pays, doive se battre contre une surface sur laquelle il ne veut pas jouer. »

Ion Tiriac: « En ce qui concerne Nadal et Federer, ils sont de grands joueurs et de grands êtres humains, je respecte leur opinion, mais je n’ai pas à accepter tout ce qu’un joueur dit.
(…) Sur le court bleu, le contraste est bien meilleur. Je suis sûr que les spectateurs vont dire ‘Wow, nous voyons mieux la balle.’, c’est scientifiquement prouvé le contraste est meilleur d’au moins 15% sur le bleu que sur le rouge.tierra-azul

Gaston Cloup (responsable des courts à Roland-Garros): « J’ai été séduit par la qualité de cette terre battue qui n’a pas du tout la même couleur que la terre battue traditionnelle mais qui est tout de même une terre battue traditionnelle, c’est ce qui est important. Tous les matériaux sont identiques et la coloration de surface est également le produit naturel que l’on utilise pour la terre battue rouge. (…) C’est exactement la même chose, le joueur a les mêmes sensations, la même qualité, le même rebond que sur une terre battue traditionnelle. »

Manola Santana (directeur du tournoi): « Tout ce que nous faisons facilite les choses pour le public sur le site et pour ceux qui regardent à la télévision. Dans un monde où la concurrence pour gagner de l’audience est féroce, le tennis doit également évoluer. »

 

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